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11 Avril 2016 , Rédigé par GrantEcart Publié dans #Mes Préférés

lundi 11 avril 2016
L'énigme du retour de Dany Laferrière

La nouvelle coupe la nuit en deux. L'appel téléphonique fatal que tout homme d'âge mûr reçoit un jour. Mon père vient de mourir. D. L.

A la suite de cette annonce tragique, le narrateur décide de retourner dans son pays natal. Il en avait été exilé, comme son père des années avant lui, par le dictateur du moment. Et le voilà qui revient sur les traces de son passé, de ses origines, accompagné d'un neveu qui porte le même nom que lui. Un périple doux et grave, rêveur et plein de charme, qui lui fera voir la misère, la faim, la violence, mais aussi les artistes, les jeunes filles, l'espoir, peut-être. Le grand roman du retour d'exil.

Je suis un écrivain Japonais de Dany Laferrière

En s'autoproclamant écrivain japonais, Laferrière revient en force avec un sujet qui lui a toujours été cher, celui de l’identité. Il est maintenant délicat de définir un écrivain selon sa nationalité, comme nous avons pu le faire depuis le début de l’histoire de la littérature. Ainsi, pourquoi un écrivain ne pourrait-il pas se définir selon la nationalité de celui qui le lit? Seulement, tous ne l’entendent pas de la même façon. Au Japon, où la question identitaire est toujours approchée avec délicatesse, la nouvelle de ce roman à paraître fait tout un tollé. Mais un léger détail doit être pris en considération. Le livre en question n’est pas encore écrit. L’auteur n’en a trouvé que le titre, initiative à laquelle l’éditeur a donné son approbation avec enthousiasme. Le livre s’ouvre d’ailleurs avec une réflexion sur l’importance du titre. Comme quoi ces seuls mots reflètent par eux-mêmes la totalité de ceux que l’on pourra retrouver à l’intérieur du livre. Sans compter que pour la majorité, ce seront là les seuls mots du livre qui seront lus. Le titreur le plus rapide d’Amérique. « C’est bien d’écrire un livre, mais c’est parfois mieux de ne pas l’écrire. » dit Laferrière. Et nous le suivrons, avec tout la paresse et le laisser-aller auquel il a pu nous habituer lors des précédentes lectures, un livre de poésie de Basho à la main, à errer dans le quartier avoisinant le Carré Saint-Louis, celui que Laferrière a habité à l’époque de Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer.

Délivrances de Toni Morrison

Lulla Ann Bridewell est noire. Très noire. Un choc, à sa naissance, pour ses parents, des "mulâtres au teint blond". Le père quitte le foyer rapidement et la petite fille est élevée par sa mère, partagée entre le dégoût et le devoir. Un jour, la petite fille témoigne contre une institutrice accusée d'agression sexuelle sur des enfants. Sa mère est fière et prend enfin sa fille par la main.

On retrouve la jeune femme quinze ans après. Elle se fait appeler Bride et ne porte que des vêtements blancs qui soulignent sa beauté noire. La jeune femme, séductrice, sûre d'elle, s'est lancée dans une entreprise de cosmétiques "TOI, MA BELLE", qui marche bien. Elle a un fiancé, Booker, dont elle ne sait pas grand chose, mais qu'elle adore. Elle a pris sa revanche et a transformé en atout majeur la couleur de sa peau, qui a maudit son enfance. Mais un jour, l'institutrice qu'elle a contribué à faire condamner a purgé sa peine. Bride l'attend à sa sortie de prison pour lui faire une offre…

Cet événement -ajouté au départ inexpliqué de son fiancé- tourne au cauchemar et marque le début de la décomposition d'une vie bancale construite sur le mensonge. Bride voit littéralement son être opérer une mue : ses seins disparaissent, son corps rétrécit jusqu'à refaire d'elle une petite fille. Bride prend la route pour aller chercher son fiancé. Au cours de ce voyage, elle rencontre un vieux couple de hippies et Rain, la petite fille qu'ils ont adoptée et qui trouve enfin dans la présence de Bride une oreille pour l'écouter. La jeune femme rencontre aussi Queen, la tante de Booker, personnage plein de bon sens et figure maternelle rassurante.

Mémoires de porc-épic de Alain Mabanckou

Parmi les animaux de la jungle africaine, certains n'ont pas la mythologie qu'ils méritent. Autant le lion, la panthère, le gorille, la girafe ou l'éléphant ont touché notre inconscient collectif, autant d'autres bêtes jouent définitivement les seconds rôles, voire les figurants. C'est peut-être pour réhabiliter l' «ingrat» porc-épic qu'Alain Mabanckou l'a choisi pour héros de son dernier - et remarquable - roman, Mémoires de porc-épic. Outre son corps ventripotent, sa gueule renfrognée et ses longs piquants, les hommes le considèrent «incapable de courir aussi vite qu'un chien de chasse» et pensent que la paresse l'astreint à ne pas vivre loin de l'endroit où il se nourrit. Une image peu glorieuse pour celui qui fut le symbole du roi Louis XII. C'est méconnaître l'animal-narrateur, qui raconte son insolite histoire à son «cher Baobab». 

Une légende voudrait que l'homme possède un double animal dans la nature. Agé aujourd'hui de 42 ans (dans la réalité, la vie de ce mammifère n'excède pas vingt ans), ce porc-épic fut le «double» d'un certain Kibandi - dont on apprend, au début, qu'il vient de mourir. Et, plus exactement, un «double nuisible», chargé par son maître d'exécuter de basses et assassines besognes. Dès le début, on est saisi par l'écriture-flux de Mabanckou, sans le moindre point, qui nous avait déjà régalés dans Verre Cassé, avec ses piliers de bar.

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Jeudi 21 janvier 2016
La vie aux aguets de William Boyd

Ruth Gilmartin, enseignante d’anglais pour des étudiants étrangers s’inquiète pour sa mère qui adopte, depuis quelques temps, des comportements étranges. Elle se sent surveillée et répète à sa fille qu’elle est en grand danger. Commence alors une série de révélations sur le passé de cette femme .

Ces révélations sont absolument passionnantes. On y découvre, graduellement, pas à pas, comment une personne ordinaire traverse une période de grands dangers, se découvre des capacités et des forces tout à fait inconnues et devient une sorte d’héroïne vivant des aventures dangereuses dans le monde de l’espionnage.

Tout au long de cette passionnante histoire, William Boyd nous fait découvrir une partie de l’histoire de la Deuxième guerre mondiale qui nous est très peu familière ...  La BSC (British Security Coordination), un organisme britannique secret, répandait ses activités à travers les États-Unis: espionnage, contrôle et manipulation de l’information, fausses nouvelles et lobby auprès de hauts dirigeants politiques. Et ce, dans le seul but d’amener les USA à s’impliquer dans cette guerre contre l’Allemagne et le nazisme.

 

C'est aussi un film que je n'ai pas vu.

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L'enfer de René Belleto
mardi 29 mars

J'entrepris d'écrire, à l'intention de ma mère adoptive, une lettre de suicide, que j'enverrais peu avant de me donner la mort, dans trois jours, une semaine, un mois, je ne savais, mais enfin ce serait chose faite, je veux dire écrire cette lettre.
Explications, remerciements, pardon sollicité, je t'embrasse et je t'aime, Michel.
Deux feuillets et quart d'un discours et d'une écriture d'outre-tombe, mais assez soutenus, allants, compacts, quasi allegro à leur façon, au début j'eus un peu envie de pleurer, au milieu beaucoup, je faillis poser mon front sur mes bras repliés et m'abandonner à des sanglots, de ceux qui font trépider l'abdomen et l'endolorissent (...)

La fin…

Quatrième de couverture…

Parfois, on se sent comme loin de la vie. Si loin qu'on pense même à…
Michel Soler, seul dans une ville déserte et terrassée par l'été, en est à ce point d'éloignement.
Désespérément disponible, et prêt à tout…
Et soudain TOUT lui arrive.
Il est jeté dans une machination de terreurs, de violences, de morts et d'amours qui sont de ce monde, et qui n'en sont pas. Mais son indifférence et sa tendresse, sa folie et son humour à périr dans les ricanements le font échapper aux pièges infernaux.
À moins qu'ils ne l'y précipitent…

Rien en vue de Jans Rehn

1943. Deux hommes - un Allemand et un Américain - perdus au milieu de l'Atlantique sur un canot de sauvetage. Ennemis d'hier, ils sont aujourd'hui deux survivants en sursis confrontés au même destin : la mort. Car autour d'eux, hormis l'étendue de la mer, aucun espoir, rien en vue, sauf les souvenirs et les regrets qui remontent à la surface... Le roman de Jens Rehn est d'une poignante force dramatique et d'une valeur littéraire exceptionnelle. Dans un style incroyablement dépouillé et lapidaire, il dénonce l'atrocité de la guerre avec une force inégalable.

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